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L’Allemagne, un nouvel eldorado ?

 

La semaine dernière avait lieu à l’antenne Limonest de la CCI de Lyon le traditionnel Club Export, un RDV désormais incontournable pour moi : il me permet à la fois de rencontrer des responsables d’autres entreprises locales et exportatrices et d’échanger ainsi sur les bonnes pratiques des uns et des autres en matière d’export. Mais aussi de recueillir des informations toujours essentielles pour la bonne compréhension d’un marché ou des services et formations proposés par des organismes tels que la CCI, Ubifance, Erai ou encore Coface. Et pour finir, cela permet de rencontrer des entreprises exportatrices, donc qui ont forcément un besoin de traduction à un moment ou un autre !

Cette semaine, le thème était l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche.

Après une brève présentation des souhaits et motivations de chacun à assister à cette présentation, Mme. Diaz, en charge du marché allemand à la CCI de Lyon, nous a présenté en 1 petite heure les tenants et aboutissants du pourquoi et du comment il faut investir en Allemagne.

L’objectif d’Over the Word est très clairement de se concentrer sur le développement du marché UK. J’assistais donc à ce club export plus par curiosité et parce que je sais qu’assister à ce type de réunion permet toujours de glaner des renseignements utiles.

Bien mal m’en a pris puisque cette réunion fut fort intéressante. L’Allemagne, je connais relativement bien pour y avoir séjourné plusieurs années et orienté mes études sur la langue de Goethe. Mais il semble qu’il y ait un réel intérêt à réfléchir à un investissement dans ce pays, même si comme tout investissement, il se doit d’être précédé d’une étude approfondie du marché et de son potentiel.

Une chose est sûre et Mme. Diaz nous a confirmé ce que nous ne cessons d’entendre dans toutes les radios et TV : l’Allemagne, c’est l’économie numéro 1 en Europe.

1er exportateur mondial, 1er fournisseur de 18 pays, 2ème importateur mondial, leader mondial sur les dépôts de brevets, elle concentre ses investissements sur la R&D et la formation et possède ainsi encore un fort ancrage industriel et une production interne très importante, et, même si elle cède aussi parfois comme tout à chacun aux sirènes des faibles coûts de production de pays comme la Chine : le made in Germany a toujours la cote et tous les leaders mondiaux se battent pour y être présents !

Cet afflux en masse témoigne de l’attrait et de l’intérêt du marché allemand. Mais attention, la concurrence y est du coup également très, très forte. A titre d’exemple, Mme. Diaz nous parle d’une concurrence 2 à 3 fois supérieure à la France, quelque soit le secteur d’activité. Alors s’y installer, oui, car il y a du potentiel, mais , ce ne sera pas simple !

Parmi les autres critères à prendre en compte pour un investissement “allemand” : le problème lié à la démographie ; l’Allemagne “vieillit” de plus en plus et la population française aura bientôt dépassé celle de l’Allemagne en nombre. Conséquences ? Avec un taux de chômage très faible (2 à 3%), recruter est un vrai challenge. D’où le recours massif à la main d’oeuvre étrangère, en témoigne le fort afflux actuel d’ingénieurs espagnols.

Pour la France, l’Allemagne demeure un partenaire privilégié : c’est notre 1er client et nous sommes son 3ème fournisseur (les Pays-Bas viennent tout juste de nous chiper la 2nde place).

Mais pour séduire et conquérir le marché allemand, il faudra veiller à comprendre et tenir compte des différences culturelles. Nous faisons tous partie de l’Europe et de cultures occidentales, mais un allemand ne fonctionne pas comme un français et réciproquement. Rigueur, respect des délais et des engagements, obsession de la sécurité et du détail sont autant de qualités indispensables aux yeux d’un allemand. Dans cet esprit, l’allemand privilégiera par exemple la spécialisation de votre entreprise sur 1 produit ou service à sa capacité à proposer une offre diverse et variée. Car pour lui, à tout faire, on ne fait rien de bien !

A ne pas négliger non plus : si les charges sociales et patronales sont moindres en Allemagne en comparaison avec la France, le taux d’imposition sur le revenu y est en revanche beaucoup plus élevé. Réfléchissez donc bien à l’impact fiscal et économique.

L’Allemagne semble bien être un marché “à envisager” si vous souhaitez investir en Europe. Sans oublier sa proximité et sa porte ouverte sur des marchés tels que ceux de la Pologne, de la République Tchèque ou encore de la Suisse et de l’Autriche.

Mais comme tout investissement, il se doit d’être réfléchi et accompagné d’une étude approfondie de son potentiel et de la concurrence qui y est plus rude qu’ailleurs en Europe.

Alors, convaincus ?

Julien DEMARTY

 

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